Cornelius Castoriadis (1922-1997) : La démocratie radicale en pensant

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On peut légitimement s’étonner du manque de visibilité de la pensée d’un auteur dont l’oeuvre représente une précieuse ressource pour comprendre notre temps. En effet, de l’après-guerre à sa mort en 1997, Castoriadis a puissamment contribué à forger les outils d’une rénovation intellectuelle de la gauche pour bâtir contre la « montée de l’insignifiance » une démocratie aussi authentique que radicale. Les textes de ce dossier contribuent à mettre en évidence la puissante exigence morale qui animait les combats de Castoriadis. Ils témoignent en outre de la lucidité politique dont celui-ci a su faire preuve et dont nous avons le plus grand besoin. Nous prenons ainsi conscience de la véritable nature de l’autonomie, processus jamais achevé qui présuppose une relation critique entre une société et ses institutions.
Castoriadis invite aussi à penser la dette que nous avons par rapport à la Grèce ancienne. Pour lui, les Grecs furent les premiers à délibérer sur les lois à adopter ou à changer, et plus généralement sur l’institution de la société. Cette rupture majeure, il faut en chercher l’origine dans l’absence d’ordre préalable, absence qui assigne comme objectif à l’activité humaine l’amour du beau et la philosophie. Enfin, nous mesurons ce qui fait le ciment de la démocratie, la vérité comme valeur et la liberté comme exigence. Ce que nous devons puiser dans la pensée de Castoriadis, ce sont les outils pour dénoncer la déshumanisation des rapports entre les individus, le contenu et les méthodes de l’éducation capitaliste, la monstruosité des villes modernes et la double oppression imposée aux femmes et aux jeunes.

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